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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 22:55
Farewell my dear Master
Farewell my dear Master

La dernière lettre est datée du 18 Novembre 1845. Son écriture est très jolie.

Haworth Bradford Yorkshire

Monsieur,
Les six mois de silence sont écoulés; nous sommes aujourd'hui au 18 Nov, ma dernière lettre était datée (je crois) le 18 Mai, je puis donc vous écrire encore, sans manquer à ma promesse.

L'été et l'automne m'ont paru bien longs; à vrai dire il m'a fallu des efforts pénibles pour supporter jusqu'à présent la privation que je me suis imposée: vous ne pouvez pas concevoir cela, vous, Monsieur, mais imaginez vous, pour un instant, qu'un de vos enfants est séparé de vous de 160 lieues de distance et que vous devez rester six mois sans lui écrire, sanas recevoir de ses nouvelles, sans en entendre parler, sans savoir comment il se porte, alors vous comprendrez facilement tout ce qu'il y a de dure dans une pareille obligation. Je vous dirai franchement, qu'en attendant, j'ai tâché de vous oublier, car le souvenir d'une personne que l'ont croit ne devoir plus revoir et que, pourtant, on estime beaucoup, harasse trop l'esprit et quand on a subi cette espèce d'inquiétude pendant un ou deux ans, on est prêt à tout faire pour retrouver le repos. J'ai tout fait, j'ai cherché les occupations, je me suis interdit absolument le plaisir de parler de vous - même à Emilie mais je n'ai pu vaincre ni mes regrets ni mon impatience - c'est humiliant cela - de ne pas savoir maîtriser ses propres pensées, être esclave à un regret, un souvenir, esclave à une idée dominante et fixe qui tyrannise son esprit. Que ne puis-je avoir pour vous juste autant d'amitié que vous avez pour moi - ni plus ni moins? je serais alors si tranquille, si libre - je pourrais garder le silence pendant dix ans sans effort.

Mon père se porte bien mais sa vue est presqu'éteinte, il ne sait plus ni lire ni écrire; c'est, pourtant, l'avis des medecins d'attendre encore quelques mois avant de tenter une opération - l'hiver ne sera pour lui qu'une longue nuit - il se plaint rarement, j'admire sa patience- Si la Providence me destine la même calamité - puisse-t-elle au moins m'accorder autant de patience pour le supporter! Il me semble, monsieur, que ce qu'il y a de plus amère dans les grands malheurs physiques c'est d'être forcé à faire partager nos souffrances à tous ceux qui nous entourent; on peut cacher les maladies de l'âme mais celles qui attaquent le corps et détruisent les facultés, ne se cachent pas. Mon père me permet maintenant de lui lire et d'écrire pour lui, il me témoigne aussi plus de confiance qu'il ne m'en a jamais témoignée, ce qui est une grande consolation.

Monsieur, j'ai une grâce à vous demander: quand vous répondrez à cette lettre, parlez-moi de vous-même - pas de moi car, je sais, que si vous me parlez de moi ce sera pour me gronder et, cette fois, je voudrais voir votre aspect bienveillant; parlez-moi donc de vos enfants; jamais vous n'aviez le front sévère quand Louise et Claire et Prosper, étaient près de vous. Dîtes-moi aussi quelquechose du Pensionnat, des élèves, des Maîtresses - Mesdemoiselles Blanche, Sophie et Justine restent-elles toujours à Bruxelles? Dîtes-moi où vous avez voyagé pendant les vacances - n'avez-vous pas été sur les bords du Rhin? N'avez-vous pas visité Cologne ou Coblentz? Dîtes-moi enfin ce que vous voulez mon maître mais dîtes-moi quelque chose. Ecrire à une ci-devant sous-maîtresse (non - je ne veux pas me souvenir de mon emploi de sous-maîtresse je le renie) mais enfin, écrire à une ancienne élève ne peut être une occupation fort intéressante pour vous - je le sais - mais pour moi c'est la vie. Votre dernière lettre m'a servi de soutien - de nourriture pendant six mois - à présent il m'en faut une autre et vous me le donnerez - pas parceque vous avez pour moi de l'amitié - vous ne pouvez en avoir beaucoup - mais parcequ vous avez l'âme compatissante et que vous ne condamneriez personne à de longues souffrances pour vous épargnez quelques moments d'ennui. Me défendre à vous écrire, refuser de me répondre ce sera m'arracher la seule joie que j'ai au monde, me priver de mon dernier privilège - privilège auquel je ne consentirai jamais à renoncer volontairement. Croyez-moi mon maître, en m'écrivant vous faites un bon oeuvre - tant que je vous crois assez content de moi, tant que j'ai 'espoir de recevoir de vos nouvelles je puis être tranquille et pas trop triste mais quand un silence morne et prolongé semble m'avertir de l'éloignement de mon maître à mon égard - quand de jour en jour j'attends une lettre et que de jour en jour le désappointement vient me rejeter dans un douloureux accablement et que cette douce joie de voir votre écriture, de lire vos conseils me fuit comme une vaine vision, alors, j'ai la fièvre - je perds l'appétit et le sommeil - je dépéris
Puis-je vous écrire encore au mois de Mai prochain? J'aurais voulu attendre toute une année - mais c'est impossible - c'est trop long.

C Brontë

I must say one word to you in English - I wish I could write to you more cheerful letters, for when I read this over, I find it to be somewhat gloomy - but forgive me my dear master - do not be irritated at my sadness - according to the words of the Bible: "Out of the fullness of the heart, the mouth speaketh" and truly I find it difficult to be cheerful so long as I think I shall never see you more. You will perceive by the defects in this letter that I am forgetting the French language - yet I read all the French books I can get, and learn daily a portion by heart - but I have never heard French spoken but once since I left Brussels - and then it sounded like music in my ears - every word was most precious to me because it reminded me of you - I love French for your sake with all my heart and soul.
Farewell my dear Master - may God protect you with special care and crown you with peculiar blessings.
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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 21:40

La troisième lettre est datée du 24 Juillet 1845. C'est la fille de Héger, Louise mentionnée ici, qui a rendu publiques ces lettres en 1894.

 

Haworth

Monsieur

Je sais bien que ce n'est pas à mon tour de vous écrire, mais puisque Mde Wheelwright va à Bruxelles et veut bien se charger d'une lettre - il me semble que je ne dois pas négliger une occasion si favorable pour vous écrire.

Je suis très contente que l'année scolaire soit presque finie et que l'époque des vacances approche - j'en suis contente pour vous Monsieur - car, on m'a dit que vous travaillez trop et que votre santé en est un peu altérée - C'est pourquoi je ne me permets pas de proférer une seule plainte au sujet de votre long silence - j'aimerais mieux rester six mois sans recevoir de vos nouvelles que d'ajouter un atome au poids, déjà trop lourd, qui vous accable - Je me rappelle bien que c'est maintenant l'époque des compositions, que ce sera bientôt celle des examens et puis, des prix - et pendant tout ce temps, vous êtes condamné à respirer l'atmostphère desséchante des classes - à vous user - à expliquer, à interroger à parler toute la journée et puis le soir vous avez toutes ces malheureuses compositions à lire, à corriger, presqu'à refaire - Ah Monsieur ! je vous ai écrit une fois une lettre peu raisonnable, parceque le chagrin me serrait le coeur, mais je ne le ferai plus - je tacherai de ne plus être égoïste et tout en regardant vos lettres comme un des plus grands bonheurs que je connaisse j'attendrai patiemment pour en recevoir jusqu'à ce qu'il vous plaira et vous conviendra de m'en envoyer une. En même temps je puis bien vous écrire de temps en temps une petite lettre - vous m'y avez autorisée -

Je crains beaucoup d'oublier le français, car je suis bien persuadée que je vous reverrai un jour - je ne sais pas comment ni quand - mais cela doit être puisque je le désire tant, et alors je ne voudrais pas rester muette devant vous - ce serait trop triste de vous voir et de ne pas pouvoir vous parler; pour éviter ce malheur - j'apprends, tous les jours, une demie page de français par coeur dans un livre de style familier: et j'ai un plaisir à apprendre cette leçon - monsieur - quand je prononce les mots français il me semble que je cause avec vous.

On vient de m'offrir une place commme première maîtresse dans un grand pensionnat à Manchester, avec un traitement de 100£ i.e. 2500 frs par an - je ne puis pas l'accepter - car en l'acceptant je dois quitter mon père et cela ne se peut pas - J'ai cependant mon projet - (lorsqu'on vit dans la retraite le cerveau travaille toujours - on désire s'occuper - on veut se lancer dans une carrière active) Notre Presbytère est une maison assez grande - avec quelques changements - il y aura de la place pour cinq ou six pensionnaires - si je pouvais trouver ce nombre d'enfants de bonne famille je me dévouerais à leur éducation - Emilie n'aime pas beaucoup l'nstruction mais elle s'occuperait toujours du ménage et, quoiqu'un peu recluse, elle a trop bon coeur pour ne pas faire son possible pour le bien-être des enfants - elle est aussi très généreuse et pour l'ordre, l'économie, l'exactitude - le travail assidu - toutes choses très essentielles dans un pensionnat - je m'en charge volontiers.

Voilà mon projet Monsieur, que j'ai déjà expliqué à mon père et qu'il trouve bon - Il ne reste donc que de trouver des élèves - chose assez difficile - car nous demeurons loin des villes

et on ne se soucie guère de franchir les montagnes qui nous servent de barrière - mais la tâche qui est sans difficulté est presque sans mérite - il y a un grand intérêt à vaindre les obstacles - je ne dis pas que je réussirai mais je tâcherai de réussir - le seul effort me fera du bien - il n'y a rien que je crains comme la paresse - le désoeuvrement - l'inertie - la lethargie des facultés - quand le corps est paresseux, l'esprit souffre cruellement.

Je ne connaîtrai pas cette lethargie si je pouvais écrire - autrefois je passais des journées, des mois entiers à écrire et pas tout à fait sans fruit puisque Southey, et Coleridge - deux de nos meilleurs auteurs, à qui j'ai envoyé certains manuscrits en ont bien voulu temoigner leur approbation - mais à present j'ai la vue trop faible pour écrire - si j'écrivais baucoup je deviendrais aveugle. Cette faiblesse de vue est pour moi une terrible privation - sans cela savez-vous ce que je ferais Monsieur ? - j'écrirais un livre et je le dédierais à mon maître de litérature - au seul maître que j'ai jamais eu - à vous Monsieur. Je vous ai souvent dit en français combien je vous respecte - combien je suis redevable à votre bonté, à vos conseils.

Je voudrais le dire une fois en Anglais - Cela ne se peut pas - il ne faut pas y penser - la carrière des lettres m'est fermée - celle de l'instruction seule m'est ouverte - elle n'offre pas les m'emes attraits - c'est égal, j'y entrerai et si je ne vais pas loin, ce ne sera pas manque de diligence. Vous aussi Monsieur - vous avez voulu être avocat - le sort ou la Providence vous a fait professeur - vous êtes heureux malgré cela.

Veuillez présenter à Madame l'assurance de mon estime - je crains que Maria - Louise - Claire ne m'aient déjà oubliée - Prospère et Victorine ne m'ont jamais bien connue - moi je me souviens bien de tous les cinq - surtout de Louise - elle avait tant de caractère - tant de naïveté - tant de vérité dans sa petite figure -

Adieu Monsieur-
votre élève reconnaissante
C Brontë

July 24th.
Je ne vous ai pas prié de m'écrire bientôt parceque je crains de vous importuner - mais vous êtes trop bon pour oublier que je le désire tout le même - oui - je le désire beaucoup - c'est assez - après tout - faites comme vous voudrez monsieur - si, enfin je recevais une lettre et si je croyais que vous l'aviez écrite par pitié - cela me ferait beaucoup de mal -
Il parait que Mde Wheelwright va à Paris avant d'aller à Bruxelles - mais elle mettra ma lettre à la poste à Boulogne - encore une fois adieu Monsieur - cela fait mal de dire adieu même dans une lettre - Oh c'est certain que je vous reverrai un jour - il le faut bien - puisque aussitôt que j'aurai gagné assez d'argent poour aller à Bruxelles j'y irai - et je vous reverrai si ce n'est que pour un instant.
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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 22:35
Jour et nuit je ne trouve ni repos ni paix
Jour et nuit je ne trouve ni repos ni paix

Voici la deuxième lettre, datée du 8 Janvier 1845

Haworth Bradford Yorkshire

M. Taylor est revenue, je lui ai demandé s'il n'avait pas une lettre pour moi -"Non, rien." "Patience" - dis-je - "Sa soeur viendra bientôt" - Mademoiselle Taylor est revenue *Je n'ai rien pour vous de la part de Monsieur Heger" dit-elle "ni lettre ni message."

Ayant bien compris ces mots - je me suis dit, ce que je dirais à un autre en pareille circonstance "Il faut vous résigner et, surtout ne pas vous affliger d'un malheur que vous n'avez pas mérité" Je me suis efforcée à ne pas pleurer à ne pas me plaindre - 

Mais quand on ne se plaint pas et qu'on veut se dominer en tyran - les facultés se révoltent - et on paie le calme extérieur par une lutte intérieure presque insupportable. 

Jour et nuit je ne trouve ni repos ni paix - si je dors je fais des rêves tourmentants où je vous vois toujours sévère, toujours sombre et irrité contre moi -

Pardonnez-moi donc Monsieur si je prends la partie de vous écrire encore - Comment puis-je supporter la vie si je ne fais pas un effort pour en alléger les souffrances ?

Je sais que vous serez impatienté quand vous lirez cette lettre - Vous direz encore que je sui exaltée - que j'ai des pensées noires &c. Soit Monsieur - je ne cherche pas à me justifier, je me soumets a toutes sortes de réproches - tout ce que je sais - ce que je ne puis pas - que je ne veux pas me résigner à perdre entièrement l'amitié de mon maître - j'aime mieux subir les plus grandes douleurs physiques que d'avoir toujour le coeur, lacéré par des regrets cuisants. Si mon maître me retire entièrement son amitié je serai tout à fait sans espoir - s'il m'en donne un peu - très peu - je serai contente - heureuse, j'aurais un motif pour vivre - pour travailler.

Monsieur, les pauvres n'ont pas besoin de grand'chose pour vivre - ils ne demandent que les miettes de pain qui tombent de la table des riches - mais si on leur refuse ces miettes de pain - ils meurent de faim - Moi non plus je n'ai pas besoin de beaucoup d'affection de la part de ceux que j'aime je ne saurais que faire d'une amitié entière et complète - je m'y suis pas habituée - mais vous me témoigniez, autrefois, un peu d'intérêt quand j'étais votre élève à Bruxelles - et je tiens à conserver ce peu d'intérêt - j'y tiens comme je tiendrais à la vie.

Vous me direz peutêtre - Je ne vous porte plus le moindre intérêt Mademoiselle CHarlotte - vous n'êtes plus de Ma Maison - je vous ai oubliée" Eh bien Monsieur dites-moi cela franchement - ce sera pour moi un choc - n'importe ce sera toujours moins hideux que l'incertitude.

Je ne veux relire cete lettre - je l'envoie comme je l'ai écrire - Pourtant j'ai comme la conscience obscure qu'il y a des personnes froides et sensées qui diraient en la lisant -"elle déraisonne" - Pour toute vengeance - je souhaite à ces personnes - un seul jour des tourments j'ai subis depuis huit mois - on verrait alors s'elles déraisoneraient pas de même.

On souffre en silence tant qu'on a la force et quand cette force manque on parle <quelque chose barré> sans trop mesurer ses paroles.

<Je n'ai pas besoin de souhaiter à Monsieur le bonheur et la prospérité - il jouit de... autour>

Je souhaite à Monsieur le bonheur et la prospérité
CB.
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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 22:00

Je vous avais parlé dans ce billet d'une lettre de Charlotte Brontë à Constantin Héger. C'est en fait quatre lettres qui nous restent, écrites entre Octobre 1844 et Novembre 1845.

Ces lettres me touchent, elles sont écrites en français (un français presque parfait ! Impressionnant) et elles témoignent d'une passion déchirante. Nous n'avons pas la réponse de M. Héger mais nous savons que sa femme et lui ont trouvé les lettres de Charlotte inconvenantes. Trois de ces quattre lettre ont été déchirées (par M: Héger ?) et méticuleusement reconstituées et recousues (par sa femme ?). Les manuscrits sont visibles sur le site de la British Library.

Voici la première, datée du 24 Octobre 1844, j'ai laissé les petites fautes de français et la ponctuation d'origine.

Haworth

Monsieur

Je suis toute joyeuse ce matin - ce qui ne m'arrive pas souvent depuis deux ans - c'est parceque un Monsieur de mes connaissances va passer par Bruxelles et qu'il a offert de se charger d'une lettre pour vous - laquelle lettre il vous remettra luimême, ou bien, sa soeur de sorte que je serai certaine que vous l'avez reçue.

Ce n'est pas une longue lettre que je vais écrire - d'abord je n'ai pas le temps - il faut que cela parte tout de suite et ensuite je crains de vous ennuyer. Je voudrais seulement vous demander, si vous avez reçu de mes nouvelles au commencement du mois de Mai et puis au mois d'Août? Voilà six mois que j'attends une lettre de Monsieur - six mois d'attente c'est bien long, cela! Pourtant je ne me plains pas et je serai richement récompensée pour un peu de chagrin - si vous voulez maintenant écrire une lettre et la donner à ce monsieur - ou à sa soeur qui me la remettrait sans faute.

Quelque courte que soit la lettre j'en serai satisfaite - n'oubliez pas seulement de me dire comment vous vous portez Monsieur et comment Madame et les enfants se portent et les maîtresses et les élèves.

Mon père et ma soeur vous presentent leurs respects - l'infirmité de mon père augment peu à peu - cependant il n'est pas encore tout à fait aveugle - mes soeurs se portent bien mais mon pauvre frère est toujours malade.

Adieu Monsieur, je compte bientôt avoir de vos nouvelles - cette idée me sourit car le souvenir de vos bontés ne s'effacera jamais de ma memoire et tant que ce souvenir durera <?l'affection> le respect qu'il m'a inspiré durera aussi
Votre élève très dévouée

C Brontë

Je viens de faire relier tous les livres que vous m'avez donnés quand j'étais encore à Bruxelles  j'ai un plaisir à les considérer - cela fait tout une petite bibliothèque - Il y a d'abord les ouvrages complets de Bernardin St Pierre - Les Pensées de Pascal - un livre de poësie, deux livres allemands - et (ce qui vaut tout le reste) deux discours de Monsieur le Professeur Heger - prononcés à la Distribution des Prix de l'Athénée royal -

Octbe. 24th 1844
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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 16:29

Dans la série de documentaires intitulée "Perspectives" de la chaîne britannique ITV, l'épisode 3 est consacré aux soeurs Brontë et présenté par Sheila Hancock, une actrice anglaise.

Vous pourrez trouver la présentation presse du documentaire ici (anglais) :

 
Et surtout le documentaire lui-même en replay pendant tout le mois d'Avril 2013 (en anglais): 
 
A préciser qu'il faut habiter au Royaume Uni pour utiliser le player Replay d'ITV, mais faites une petite recherche rapide...
Je viens moi-même de voir ce documentaire et il m'a beaucoup intéressée. Le voyage de Sheila Hancock commence dans les landes, Wuthering Heights, et l'intérieur du parsonage de Haworth que je crois n'avoir jamais vu en vidéo. Les Royaumes d'Angria et de Gondal y sont bien sûr évoqués, ainsi que l'anecdote des soldats de bois. On voit des images des dessins des enfants Brontë en couleur et certains des livres minuscules. Les intervenants sont parfois pompeux quand ils lisent des extraits, mais j'ai été vraiment surprise de voir que je suis incapable de déchiffrer les petites écritures qu'ils semblent lire couramment !
Ensuite, un arrêt pour parler d'un ballet Wuthering Heights, quelques images de l'école Roe Head où Charlotte a été institutrice.
Puis direction Bruxelles, pour évoquer l'expérience au pensionnat Héger. On y filme la fameuse lettre de Charlotte à Monsieur Héger (évoquée dans mon billet précédent sur Sheila Hancock). Cette lettre est signée "CB." Mais à y regarder de plus près, le point final n'est pas un point mais un petit coeur! Sheila Hancock est persuadée que Charlotte pensait à Monsieur Héger quand elle faisait dire à Jane sous le marronnier sa douleur de quitter Thornfield.
Sheila-Hancock heart 
De retour en Angleterre, on rencontre une artiste avec un fort accent qui dessine des scènes de Jane Eyre avec une Jane très laide, comme elle devrait être selon l'artiste, et pas comme elle a été représentée dans les adaptations télé et cinéma. Sont ensuite évoqués : la déchéance de Branwell, l'oeuvre d'Anne, puis les morts successives de Branwell, Emily et Anne. Après un passage par Scarborough pour voir la tombe d'Anne, on retourne à Haworth quelques minutes en compagnie de Lucasta Miller (auteur de The Brontë Myth) pour voir le portrait de Arthur Nicholls et enfin évoquer le décès de Charlotte.
Selon Sheila Hancock et Lucasta Miller, le mythe des soeurs naïves du Yorkshire, sans connaissance du monde et de ses violences, ni des hommes, aurait été forgé par Charlotte elle-même pour réhabiliter après leur décès ses soeurs qui avaient choqué la société victorienne. Pas un mot sur Elizabeth Gaskell cependant qui, je pense, a eu aussi sa part de responsabilité en véhiculant également cette idée dans sa biographie de Charlotte...
 
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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 15:46

 

 07-04-2013 16-00-12

La semaine dernière, le dimanche de Pâques, était diffusé sur ITV (chaîne de télé britannique) un documentaire de l’actrice Sheila Hancock sur les Brontë. (Par ailleurs le 31 mars était aussi la date anniversaire de la mort de Charlotte) Pour la promotion du documentaire, Sheila Hancock est passée dans l’émission Daybreak le dimanche matin. Dans une courte interview, elle revient sur le mythe des sœurs innocentes et recluses qui ont créé des personnages masculins bruts et rudes après avoir écrit des minuscules histoires dans leur enfance. Pour justement en dire qu’elles n’étaient pas les filles naïves qu’on imagine mais étaient instruites, avaient voyagé, et connu la passion.

Vous pouvez voir la vidéo de cette interview (5 minutes) ici (temporairement surement, donc dépêchez-vous):

http://www.itv.com/news/calendar/update/2013-03-31/sheila-hancock-explores-the-world-of-the-brontes/

Comme j’ai trouvé Sheila Hancock assez facile à comprendre, (elle a une bonne diction et un accent agréable pour la française que je suis !), j’ai pu retranscrire l’interview et la traduire. Grossièrement, hein, je ne suis ni traductrice, ni interprète… et je ne suis pas sûre de toutes les phrases notamment des présentateurs ! Mais les idées principales sont là. N'hésitez pas à me notifier si j'ai fait des erreurs ou des contresens, ou pour les phrases que je n'ai pas saisies.

 

Sheila Hancock (off voice): I am retracing the route that Emily would have followed across her beloved moors. To the locations said to have inspired Wuthering Heights. The bleak, remote farm house where Heathcliff makes his home...

Presenter man: She’s just joined us now. What a treat for you, your favourite offers and a lovely bit of English countryside?

SH: It was freezing cold I have to say. I could hardly move my face for it was so cold, climbing up the moors. But Yes. Oh. Beautiful.
The moors up there are unbelievably wonderful. They really are. And you can understand why it inspired these remarkable women.

Presenter man: Yes. What did you find out about the Brontës?

SH: Well, I found out… Not for lots actually. Because I fell in love with them when I was a child, particularly Wuthering Heights. And I think I based it mainly on the film. Laurence Olivier being rather dashing and romantic and beautiful. And then I re read it, one of them with my book club, and I realized that Heathcliff is actually a psychopath! It is one of the most sadistic, terrifying books in the world. And it’s about obsessive love and death and… And then I read the book of Anne’s The tenant of Wildfell Hall again which is one of the best studies of living in an alcoholic family that I have ever read in my life, with all the brutality that that involves.
And I thought, how did these three “girls”, in a vicarage, in the middle of the Yorkshire moors, write stuff like this?? These men, these dark, dangerous men? So I began to dwell up on that. And, of course, what I discovered, was that in fact at that time it was the industrial revolution. The roads were flowing with sewage, there was typhoid. They’d have gone on visit to the various homes and they would have found people dying and they would have seen “raw” life, like men.

Presenter: Not differently than today?

SH: Absolutely. Absolutely. Very picturesque.
But also, their father educated them. They went to Brussels, they could speak many languages, they read and read. From tiny children… they wrote these little mini books, making up stories. They were obsessive writers.

Presenter woman: Cause everybody always thought that they were kind of sheltered in some way. And that is why I was so interested in this. Cause… It is on Easter Sunday? Isn’t it? Perfect time for something like this? You are going to it completely different. Cause they weren’t… you know, just virginal girls…

SH: No, they weren’t at all!

Presenter man: In that sense… They knew about passion…

SH: And I think they are not claiming these feminist writers but in fact I think they were. I mean they’re hundred percent men. They wrote under the names of Currer Bell and Acton Bell and Ellis Bell. And they went out to London to meet the publisher he nearly dies (presenters both laughing), because these two little country girls with bonnets arrive, having written these dark (darksy?) prose you know.
But they, they just were so surprising. And I still am not quite sure where it all came from. I mean, I know… I discovered on the journey that Charlotte did fall MADLY in love with a professor in Brussels. And she wrote these passionate letters to him… which we discovered one in the London Library that have been torn up and the idea is that perhaps, it was torn up by him because she was going too far. But it was then stitched together again by somebody. We don’t know whether that was his wife, or who did that. So there was a kind of romantic obsession there. I think… I don’t think it was a sexual love affair.  But I think it was an obsession. Like Rochester, in Jane Eyre. They’re the same sort of men.

Presenter man: And you found a link between their lives -or the books anyway- and your own life as well?

SH: I did this one scene in Wuthering Heights, which is so beautifully written. Errr… when Cathy is dying and Heathcliff comes. He shouldn’t be there but he comes. And this wonderful passage about his… He grabs hold of her and he bruises her arm and she clings on to him. And it’s a kind of metaphor for how desperate you can feel if you watch somebody dying. You’re saying “Don’t go! Please don’t go.” And Emily manages to put it to an actual scene, something that goes on in your head. And also that kind of love that is… I mean on one point she says… Cathy says “I am Heathcliff”. And it’s about the sort of love affair where you can’t possibly live without somebody.
I mean Cathy gets married. And when you (?)… you say “How could you do that? How could you reject Heathcliff cause he’s away at that time”. And she says “What? No. I still have Heathcliff”. I mean (laughing) she just absolutely assumes, and everybody knows that she and Heathcliff have got to be together until they die.

Presenter man: The documentary is on ITV.

Presenter woman: Yes, ITV and I will definitely be watching that, it is absolutely good. And I love your passion. It’s good to make people reading books again.

SH: Oh, I do. It’s good.

Presenters: Thank you Sheila.

SH: Thanks.

 

Et mon humble traduction:

 

Sheila Hancock (en voix off / extrait du documentaire) : Je parcours la route qu’aurait suivi Emily à travers sa lande adorée. Jusqu’aux endroits dont on dit qu’ils ont inspiré Les Hauts de Hurlevent. La ferme glaciale et isolée où Heathcliff va s’installer.

Présentateur : Elle vient de nous rejoindre. Quel régal pour vous n’est-ce pas, cette offre ? Et quels magnifiques paysages de la campagne anglaise ?

SH : En fait je mourais de froid ! Je pouvais à peine bouger mon visage tellement j’avais froid à gravir ces landes. Mais oui. Oh. Quelle beauté.
Les landes là-bas sont incroyablement merveilleuses. Vraiment. Et on peut comprendre pourquoi ces paysages ont inspiré ces femmes remarquables.

Présentateur : Qu’avait vous découvert sur les Brontë ?

SH : En fait… j’ai découvert… pas tant que ça en fait. Parce que je suis tombée amoureuse des Brontë quand j’étais enfant. Particulièrement des Hauts de Hurlevent. Et je pense que c’était surtout à cause du film. Laurence Olivier (NDT : Heathcliff dans l’adaptation de William Wyler en 1939) était si majestueux, si romantique et si beau. Et puis je l’ai relu, avec mon club de lecture, et j’ai réalisé qu’en fait Heathcliff est un psychopathe !! C’est l’un des livres les plus sadiques et terrifiants au monde. Cela parle d’amour obsédant, et de mort et… Et après j’ai lu le roman de Anne, The tenant of Wildfell Hall, qui est l’une des meilleurs études à propos d’une famille d’alcoolique que j’aie jamais lues, avec toute la brutalité que ça implique.
Et je me suis demandé comment ces trois « filles », dans un presbytère des landes du Yorkshire peuvent écrire des choses comme ça ?? Ces personnages masculins, obscurs et dangereux ? Alors j’ai commencé à creuser cela… et j’ai découvert que bien sûr, elles vivaient au temps de la Révolution Industrielle. Les égouts ruisselaient dans les rues, il y avait le typhus… Elles ont dû aller en visite dans toutes ces maisons, elles ont dû voir des mourants et voir la vie « brute », comme des hommes.

Présentateur : Ce n’est pas si différent d’aujourd’hui ?

SH : Absolument. Absolument. C’est très pittoresque.
Mais aussi, leur père les avait éduquées. Elles étaient allées à Bruxelles, elles parlaient plusieurs langues. Elles lisaient et lisaient… Depuis toutes petites… elles écrivaient ces minuscules livres, inventant des histoires. C’était des écrivains obsessionnelles.

Présentatrice : Mais tout le monde pense toujours qu’elles étaient plus ou moins recluses. C’est ça qui m’a tant intéressée (dans le documentaire), parce que… C’est diffusé le dimanche de Pâques, n’est-ce pas ? C’est un moment parfait. Et vous abordez les choses complètement différemment. Car elles n’étaient pas vraiment les jeunes filles virginales qu’on pense…

SH : Non, pas du tout !

Présentateur : Dans un sens, elles ont connu la passion…

SH : Et je pense que bien qu’elles ne se revendiquaient pas d’être des écrivains féministes, elles l’étaient. Je veux dire, elles étaient des hommes à 100%. Elles ont écrit sous les pseudonymes de Currer Bell, et Acton Bell, et Ellis Bell. Et quand elles sont allées à Londres rencontrer leur éditeur, il n’en revenait pas (les présentateurs se marrent), de voir débarquer ces deux jeunes femmes de la campagne avec leurs bonnets, ces deux femmes ayant écrit ces lignes si sombres.
Mais elles étaient si surprenantes. Et encore maintenant je ne suis pas sûre d’où tout cela provenait. Je veux dire, je savais… j’ai découvert pendant mon voyage que Charlotte est tombée PASSIONNEMENT amoureuse d’un professeur à Bruxelles. Elle lui écrivait des lettres enflammées. Nous en avons découvert une à la London Library, qui a été déchirée. L’idée c’est qu’elle a peut-être été déchirée par lui (Héger) parce qu’elle allait trop loin, mais la lettre a ensuite été recousue par quelqu’un. On ne sait pas vraiment par qui, peut-être la femme d’Héger. Donc il y avait cette sorte d’obsession romantique. Je crois… je ne crois pas que c’était une histoire sexuelle. Mais c’était une obsession. Comme Rochester, dans Jane Eyre. C’était le même type d’homme.

Présentateur : Et donc vous avez aussi découvert des liens entre leurs vies –ou leurs œuvres peu importe- et votre expérience personnelle ?

SH : J’ai joué cette scène dans Les Hauts de Hurlevent, tellement bien écrite. Euuh la scène dans laquelle Cathy est en train de mourir et Heathcliff est présent. Il ne devrait pas être là mais il vient. Et il y a ce passage magnifique sur son… Il s’agrippe à elle, lui serre les bras à lui laisser des bleus, et elle se raccroche à lui. C’est une sorte de métaphore de ce que l’on ressent quand on voit quelqu’un mourir. On s’écrie « Ne pars pas !! S’il te plait ne pars pas. » Et Emily a réussi à en fait une scène réelle, qu’on peut garder en mémoire. Et aussi cet amour qui est… A un moment elle dit, Cathy dit «Je suis Heathcliff ». C’est le genre d’histoire d’amour où il n’est pas possible de vivre sans l’être aimé. Tout de même, Cathy se marie ! Et quand ( ?), on se dit « Comment peux-tu faire ça ? Rejeter Heathcliff alors qu’il est loin ». Et elle dit « quoi ? Mais non. C’est toujours Heathcliff. ». Tout de même (elle rit), elle l’assume complètement, et tout le monde sait qu’elle et Heathcliff doivent être ensemble jusqu’à la mort.

Présentateur : Ce documentaire est diffusé sur ITV.

Présentatrice : Oui, ITV, et je suis sûre de le regarder lors de sa diffusion, il est très bon. Et j’adore votre passion. C’est super d’inciter lire les gens à nouveau.

SH : Oh oui.

Présentateurs : Merci Sheila

SH : Merci.

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 20:30

9r__anne.jpgAgnes Grey est le premier roman de Anne, la plus jeune des soeurs Brontë. Publié en 1847, la même année que Jane Eyre et Wuthering Heights, c'est un petit roman, assez simple. Il n'a pas la passion, les coups de théâtre et les mystères gothiques des 2 romans de ses soeurs. 

 

Je voulais le lire depuis longtemps, et j'ai eu l'occasion, une fois n'est pas coutume, de l'écouter ! En effet je l'ai téléchargé en livre audio (en français). Je trouve que la longueur du roman s'y prête bien.

 

J'en profite pour souligner la qualité du livre audio, gratuit qui plus est, que vous pourrez trouver ici

http://www.litteratureaudio.com/index.php?s=agnes+grey

Ce site est une vraie mine d'or.

La lectrice de Agnes Grey, Christine Sétrin, est très agréable, une belle voix et un ton très posé, et les transitions musicales sont soignées. Un très bon moment, pour ma part. (Comptez tout de même plusieurs soirées, les 160 pages du roman font un peu plus de 8h en audio)

 

L'intrigue du roman tourne autour d'une gouvernante, envoyée dans des familles riches pour faire l'éducation d'enfants gâtés et capricieux, et de sa place dans la société et ces familles. C'est cet écho qu'on trouve dans la propre expérience des soeurs Brontë, qui étaient elles-mêmes gouvernantes, et aussi dans Jane Eyre : ce sentiment d'être tout aussi éduquées et intelligentes que les membres de ces familles, sans avoir la fortune qui leur permettrait d'être leurs égales sur un plan social. Cette position les rendait inférieures du point de vue de leurs employeurs. Dans Agnes Grey, on voit des parents complètement imbus d'eux-mêmes, des enfants insupportables à gérer au quotidien, pas de reconnaissance et l'isolement intellectuel, émotionnel dans lequel étaient plongées les gouvernantes au XIXè.

 

Il y a aussi dans le roman une petite romance agréable avec M. Weston. Tous deux sont attachants mais n'y attendez pas la passion de Jane et Rochester ! Un bon moment que je vous conseille cependant, en livre ou en livre audio !

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 21:32

Un peu dans l'ombre de ses deux soeurs, la cadette Anne est la moins connue de la fratrie.

Pourtant ses deux romans Agnes Grey et The Tenant of Wildfell Hall méritent une lecture.

Agnes Grey pour la description de la vie d'une gouvernante, les difficultés liées à l'indiscipline des enfants, l'ingratitude des parents, la position même au sein de la famille qui l'emploie... Anne Brontë était elle-même gouvernante, chez les Robinson à Thorp Green aux alentours de 1843. Elle habitait là bas avec son frère Branwell, elle avait en charge l'éducation des trois filles, quand lui s'occupait du fils. Mais Branwell devint l'amant de la mère de famille. Anne et son frère perdirent alors leur emploi après que l'affaire fut découverte par le mari trompé.

 

Son second roman, The tenant of Wildfell Hall, traite d'un thème toujours d'actualité aujourd'hui : la maltraitance conjugale. L'héroïne est mariée à Huntingdon, un mari violent et alcoolique. Il est souvent admis que le comportement répréhensible de ce dernier était directement inspiré des errances de Branwell. Anne souffrait beaucoup de la déchéance de son frère.

Ne lisez peut-être pas ce qui suit si vous avez l'intention de lire le roman, car cela dévoile une partie de l'intrigue...

 

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L'héroïne du roman, Helen, fait une chose complètement taboue pour l'époque, elle quitte son mari violent, pour préserver son jeune fils. Les soeurs Brontë, ces féministes... ce genre de chose était impensable au milieu de XIXé siècle. cependant je n'ai pas "accroché" à cette intrigue. Peut-être car au début du roman, on suit le point de vue de Gilbert Markham, un jeune de la campagne qui tombe amoureux de la mystérieuse habitante de Wildfell Hall, mère "célibattante" dont on ne sait rien ou presque. Je n'ai pas adhéré à la vision d'Anne Brontë des sentiments d'un homme.Puis toute l'histoire est dévoilée sous forme d'une lettre interminable, du point de vue de Helen Huntingdon. Là, on reconnait plus le style Brontë, des héroïnes passionnées et modernes. Mais au final, je me suis demandée comment expliquer qu'Helen finisse par tomber amoureuse de Markham le campagnard un peu plat, et ce qu'elle lui trouve, lui n'étant ni particulièrement brillant, ni intéressant... 

 

Quant à Agnes Grey que j'ai préféré et qui est plus court, j'en reparlerai une autre fois.

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14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 22:10


Je suis en pleine lecture, j'ai pour l'instant fini les nouvelles de The Secret et commencé The Spell.  Bien sûr, lisant en anglais, je dois manquer pas mal de nuances, certains mots ne me font pas réagir comme ils le feraient à un anglais, néanmoins je passe de bons moments pendant ma lecture. J'ai l'impression de retrouver une ancienne amie, les intrigues sont peut-être puériles ou trop simples mais je m'attache aux personnages. J'aime les thèmes évoqués : le conte, les histoires d'amour, de surnaturel, de trahisons...
Comme le dit Salley Vickers dans son "foreword" de The Secret, lire aujourd'hui ces histoires, c'est regarder par le trou de la serrure, c'est plonger dans le cercle intime des enfants Brontë : ce sont des histoires qu'ils écrivaient entre eux et pour eux. Quelle chance de pouvoir lire ces trésors, quand on pense qu'il ne reste pas grand chose de la saga Gondal d'Emily et Anne !

Entre parenthèses, ce foreword de Salley Vickers m'a rendue assez perplexe car une grosse confusion y est faite entre Lily et Marian, deux personnages des nouvelles du livre, et c'est assez gros, on s'en aperçoit à la première lecture...

Durant ma lecture j'ai réalisé aussi à quel point les Brontë étaient des personnes peu ordinaires, que de thèmes bizarres pour des enfants de cet âge ! Quelle magination ! Pensez que les Brontë se faisaient parfois apparaître dans leurs récits comme les quatre grands Genii (Tali, Brani, Emi et Anni), des sortes de dieux veillant sur leurs mondes de soldats mi-personnages de romans, mi-amis imaginaires...
Ces personnages, d'ailleurs, toujours les mêmes, jamais appelés pareil ! Certains ont même plusieurs dénomination selon les histoires, les fils n'ont pas les mêmes noms que leurs pères, tous ces marquis, ces ducs, ces comtesses, ces rois...
Parce que j'ai été moi-même perdue, je vous offre le petit arbre pense-bête que je me suis bâti jusqu'à maintenant au fil de ma lecture. Il montre les différents noms d'un même personnage et les liens existant entre eux.

Clic :Arbre Juvenilia
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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 22:00

Les histoires d'Angria peuvent se lire séparément, mais on y retrouve toujours les mêmes personnages. Même si les petits auteurs prenaient parfois des libertés à propos du destin de tel ou tel personnage (certains ressuscitent!), si vous voulez lire à peu près dans l'ordre chronologique la vie des habitants de Verdopolis, voici quelques repères chronologiques avec les dates d'écriture; les titres des nouvelles des ouvrages précédents sont en gras.

21/04/1816 :  Naissance de Charlotte
1817 :  Naissance de Branwell
1818 :  Naissance d’Emily
1820 :   Naissance d’Anne
1825 :   Mort de Maria et Elizabeth
1826 :   Branwell reçoit 12 soldats. Début de la pièce Young Men
1829 :   Charlotte commence à écrire sur le royaume d’Angria
1830 :   Albion and MarinaThe Rivals
1832 :   The Bridal
1833 :   The SecretLily Hart
1834 :   A Peep into a Picture BookThe SpellThe Green Dwarf
1838 :   Mina LauryStancliff’s HotelThe Duke of Zamorna
1839 :   Caroline VernonHenry Hastings
 Fin du royaume d’Angria
1842 :   Période bruxelloise
1847 :   Publication de Jane Eyre
1848 :   Mort de Branwell
1849 :   Publication de Shirley
 Mort d’Emily et d’Anne
1853 :   Publication de Villette
1855 :   Mort de Charlotte
1857 :   Publication de The Professor

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